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Pratique

Crevaison en voiture : que faire, étape par étape

Où s'arrêter, comment monter la roue de secours ou utiliser le kit anti-crevaison, cas particulier de l'autoroute : la marche à suivre complète après une crevaison.

Hugo MolletPar Hugo Mollet5 min de lecture
Conducteur en gilet jaune changeant une roue crevée sur le bas-côté, cric sous la voiture et triangle en arrière-plan
Conducteur en gilet jaune changeant une roue crevée sur le bas-côté, cric sous la voiture et triangle en arrière-plan
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Un claquement sourd, un volant qui tire d'un côté, une voiture qui tangue : la crevaison arrive toujours au mauvais moment, et la moitié des conducteurs n'a jamais changé une roue. Voici la marche à suivre complète — où s'arrêter, comment monter la roue de secours ou utiliser le kit anti-crevaison, et le cas très particulier de l'autoroute, où la règle n'est pas du tout la même.

Étape 1 — S'arrêter au bon endroit, se rendre visible

Dès les premiers signes, ralentissez progressivement sans freiner fort ni donner de coup de volant : un pneu à plat se conduit, tant qu'on reste doux. Cherchez une zone plane, droite et dégagée — parking, large accotement, entrée de chemin — plutôt que le premier bas-côté venu dans un virage.

Une fois arrêté : feux de détresse, frein à main, première vitesse (ou P), gilet haute visibilité enfilé avant de sortir, et triangle posé à une trentaine de mètres en amont, plus loin si la route est rapide. Faites descendre les passagers et éloignez-les de la chaussée.

Étape 2 — Monter la roue de secours dans l'ordre

Le matériel — roue, cric, manivelle — se trouve le plus souvent sous le plancher du coffre ; l'antivol de roue, s'il y en a un, dans la boîte à gants. Puis, dans cet ordre :

  1. Débloquer les écrous d'un demi-tour, roue encore au sol : c'est le sol qui retient la roue, pas vos bras. Les écrous se desserrent dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, au besoin en appuyant du pied sur la manivelle.
  2. Placer le cric au point de levage indiqué sous le bas de caisse, près de la roue crevée — jamais ailleurs, sous peine de plier le plancher — et lever jusqu'à ce que le pneu décolle de quelques centimètres.
  3. Retirer écrous et roue crevée, poser la roue de secours en alignant les trous, revisser les écrous à la main.
  4. Redescendre le véhicule, retirer le cric, puis serrer fermement en croix (un écrou, puis son opposé) pour plaquer la roue bien à plat.

Comptez une vingtaine de minutes la première fois. Rangez la roue crevée, vérifiez dès que possible la pression de la roue montée — une roue de secours est souvent sous-gonflée après des années dans le coffre — et souvenez-vous qu'une galette se limite à 80 km/h, sur la distance la plus courte possible.

Le kit anti-crevaison : pratique, mais limité

De plus en plus de voitures n'ont plus de roue de secours mais un kit — compresseur et produit colmatant. Il dépanne bien pour une perforation franche sur la bande de roulement (vis, clou) : produit injecté par la valve, gonflage au compresseur, puis quelques kilomètres à allure modérée pour répartir le colmatant, en respectant la vitesse maximale indiquée sur le kit.

Ses limites sont réelles : il ne peut rien pour une entaille sur le flanc, une déchirure ou un pneu déjanté, et le produit rend parfois le pneu irréparable ensuite. Dans tous les cas, direction le garage sans tarder : le colmatage n'est pas une réparation.

Sur autoroute : la règle change complètement

Sur autoroute ou voie rapide, on ne change pas sa roue soi-même. La bande d'arrêt d'urgence est la zone la plus dangereuse du réseau : on s'y arrête le plus à droite possible, roues braquées vers l'extérieur, feux de détresse allumés, et tout le monde sort côté droit pour se placer derrière la glissière de sécurité, en amont du véhicule.

L'assistance de votre assurance ne peut pas intervenir sur autoroute : seuls les dépanneurs agréés y sont autorisés. Appelez depuis une borne orange (tous les deux kilomètres, elle localise automatiquement votre position) ou composez le 112. Le dépannage est facturé au tarif réglementé, de l'ordre de 150 €, majoré de moitié la nuit et les week-ends ; le dépanneur répare sur place quand c'est possible ou remorque jusqu'à une aire sûre, où votre assistance peut prendre le relais.

Cette garantie assistance mérite d'ailleurs un coup d'œil avant l'été : les niveaux de prise en charge varient beaucoup d'un contrat à l'autre, comme le détaille notre guide pour bien choisir son assurance auto.

Éviter la prochaine crevaison

La plupart des crevaisons « lentes » se signalent à l'avance : pneu qui se dégonfle sur quelques jours, vibrations inhabituelles, usure anormale sur un bord. Un contrôle mensuel de la pression — à froid, valve par valve — et un regard régulier sur les flancs et les témoins d'usure (1,6 mm de gomme minimum légal) éliminent l'essentiel du risque. Des pneus usés ou abîmés font du reste partie des défaillances majeures relevées au contrôle technique.

Enfin, préparez le coffre plutôt que l'improvisation : vérifier une fois par an la pression de la roue de secours, savoir où se trouvent cric et antivol de roue, garder gilet et triangle accessibles depuis l'habitacle — le même réflexe d'anticipation qui sauve aussi les départs en vacances avec une batterie fatiguée. Une crevaison bien gérée n'est qu'une contrariété de vingt minutes ; mal gérée, elle devient une mise en danger. La différence tient à ces quelques réflexes.

Questions fréquentes

Peut-on rouler quelques kilomètres avec un pneu crevé ?

Non, sauf pneus « runflat » conçus pour cela. Rouler à plat détruit le flanc du pneu en quelques centaines de mètres — une crevaison réparable pour une vingtaine d'euros devient un pneu à remplacer — et peut endommager la jante. Si l'arrêt immédiat est dangereux, roulez au pas, feux de détresse allumés, jusqu'au premier dégagement sûr, pas plus loin.

Combien de temps peut-on rouler avec une galette ?

La roue de secours galette est un dépannage, pas une roue : vitesse limitée à 80 km/h et distance à réduire au strict nécessaire — le temps de rejoindre un garage ou un centre de montage, en général quelques dizaines de kilomètres. Sa gomme étroite allonge les distances de freinage et dégrade la tenue de route : faites réparer ou remplacer le pneu crevé sans attendre.

Une crevaison réparée à la mèche est-elle définitive ?

La mèche insérée de l'extérieur est considérée comme une réparation provisoire : elle dépanne, mais seuls le démontage du pneu et la pose d'un champignon par l'intérieur, avec inspection de la carcasse, constituent une réparation durable. Et toutes les crevaisons ne se réparent pas : une perforation sur le flanc ou une déchirure importante condamnent le pneu.

L'assurance couvre-t-elle une crevaison ?

Le pneu lui-même n'est presque jamais remboursé, mais la garantie assistance de nombreux contrats prend en charge le dépannage sur place ou le remorquage, parfois dès le domicile avec une option « 0 km ». Vérifiez votre contrat avant d'appeler un dépanneur de votre propre initiative : passer par la plateforme d'assistance conditionne souvent la prise en charge. Le cas de l'autoroute est à part, avec ses dépanneurs agréés à tarif réglementé.

Faut-il changer les deux pneus après une crevaison ?

Pas systématiquement. Si le pneu est réparable, rien d'autre à changer. S'il doit être remplacé, la règle d'usage est de monter deux pneus identiques sur le même essieu : un pneu neuf apparié à un pneu très usé déséquilibre le freinage et la tenue de route. Si l'autre pneu de l'essieu est encore peu usé, un seul pneu neuf de même modèle suffit.

Hugo Mollet
Hugo Mollet

Fondateur & directeur de la publication

Fondateur de Booksmag et directeur de la publication du média. À la tête de la société éditrice IDAX, il pilote la ligne éditoriale et veille à des contenus clairs, utiles et honnêtes.

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