Allocation chômage (ARE) : montant, calcul et durée
Comment est calculée l'allocation d'aide au retour à l'emploi, combien vous toucherez réellement par rapport à votre ancien salaire, et pendant combien de temps : le calcul expliqué simplement.

Sommaire
Perdre son emploi s'accompagne presque toujours de la même question : combien va-t-on réellement toucher, et pendant combien de temps ? L'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) ne remplace jamais 100 % du salaire, et son calcul suit des règles précises. Voici comment l'estimer sans se tromper.
Qui a droit à l'ARE
L'ARE s'adresse aux personnes ayant perdu involontairement leur emploi : licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle, ou certains cas de démission dite légitime. Il faut aussi justifier d'une durée d'affiliation minimale — au moins 6 mois travaillés (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois, 36 mois pour les personnes de 53 ans et plus.
L'inscription à France Travail est un préalable obligatoire pour percevoir l'allocation. Si ce n'est pas encore fait, la procédure d'inscription à France Travail détaille chaque étape.
Le calcul, étape par étape
Le montant de l'ARE ne se calcule pas sur le dernier salaire, mais sur une moyenne appelée salaire journalier de référence (SJR).
- Calcul du SJR : on additionne les rémunérations brutes soumises à cotisation chômage perçues sur une période de référence (12 mois pour la plupart des salariés, jusqu'à 24 mois selon la situation), divisées par le nombre de jours calendaires de cette période, primes et heures supplémentaires comprises.
- Calcul de l'allocation journalière brute, selon la formule la plus favorable entre :
- 40,4 % du SJR + un montant fixe journalier ;
- ou 57 % du SJR.
- Comparaison à un plancher et un plafond journaliers fixés chaque année, qui encadrent le résultat.
- Versement mensuel égal à l'allocation journalière multipliée par le nombre de jours du mois (en général 30).
| Élément | Ce qu'il faut retenir |
|---|---|
| Base de calcul | Salaire journalier de référence (moyenne sur 12 à 24 mois), pas le dernier salaire seul |
| Taux de remplacement | Environ 57 % à 75 % de l'ancien salaire brut selon le niveau de revenu |
| Plancher / plafond | Montants minimum et maximum fixés et revalorisés chaque année |
| Délais avant versement | 7 jours de carence + différé éventuel selon les indemnités de rupture perçues |
Un exemple simplifié
Pour une personne dont le SJR ressort à 60 € bruts par jour après calcul, l'allocation journalière brute avoisinera un peu plus de 30 €, soit environ 900 à 950 € bruts par mois — avant prélèvements sociaux (CSG, CRDS) qui viennent réduire ce montant net perçu. Ces chiffres sont indicatifs : seul le simulateur officiel, qui intègre les paramètres à jour, donne un montant fiable pour votre situation.
Deux personnes au même ancien salaire net peuvent toucher une allocation différente si leurs primes, heures supplémentaires ou périodes d'inactivité récentes n'ont pas été identiques sur la période de référence.
Combien de temps dure l'indemnisation
La durée d'indemnisation dépend principalement de la durée d'affiliation constatée sur la période de référence et de l'âge :
- Pour la majorité des demandeurs d'emploi de moins de 53 ans, la durée correspond à la durée travaillée, dans la limite d'environ 18 mois (548 jours).
- Entre 53 et 54 ans, la durée maximale est allongée, généralement jusqu'à 22,5 mois.
- À partir de 55 ans, elle peut atteindre 27 mois (825 jours), en reconnaissance de la difficulté accrue à retrouver un emploi.
Ces durées et seuils sont réexaminés régulièrement par les partenaires sociaux dans le cadre des règles d'assurance chômage : vérifiez toujours la version en vigueur au moment de votre inscription.
Ce qui peut réduire ou retarder le versement
Plusieurs éléments viennent moduler le calcul théorique :
- Le différé d'indemnisation congés payés, lié aux indemnités de congés non pris versées par l'employeur.
- Le différé spécifique, si vous avez perçu une indemnité de rupture supérieure au minimum légal — c'est fréquent après une rupture conventionnelle, dont l'indemnité peut repousser le premier paiement de plusieurs semaines.
- La dégressivité, applicable aux allocations les plus élevées après plusieurs mois, sous conditions d'âge.
- Un licenciement pour faute grave n'empêche pas l'ouverture des droits au chômage : contrairement à une idée reçue, la nature du licenciement, même en cas de faute grave, ne prive pas de l'ARE, à la différence d'une démission non légitime.
Ce qu'il faut retenir
L'ARE est calculée sur une moyenne de revenus, pas sur votre dernier bulletin de salaire, et le montant réellement perçu est presque toujours inférieur à ce qu'on imagine spontanément. Avant de vous fier à une estimation approximative, passez par le simulateur officiel de France Travail avec vos bulletins de salaire en main : c'est le seul moyen d'obtenir un chiffre fiable, incluant délais de carence et différés éventuels.
Les taux, plafonds et durées cités sont des ordres de grandeur donnés à titre indicatif : les règles d'assurance chômage évoluent régulièrement. Vérifiez les paramètres en vigueur sur francetravail.fr avant toute décision.
Questions fréquentes
Quel est le montant minimum et maximum de l'ARE ?
Un montant plancher et un montant plafond sont fixés chaque année par l'Unédic et revalorisés régulièrement. Le plancher garantit un minimum quel que soit l'ancien salaire ; le plafond limite l'allocation des hauts revenus, qui touchent proportionnellement moins que 57 % de leur ancien salaire. Ces montants exacts évoluent : consultez le simulateur officiel de France Travail pour un chiffre à jour.
Y a-t-il un délai de carence avant le premier versement ?
Oui, plusieurs délais peuvent s'ajouter avant le premier paiement : un délai d'attente fixe de 7 jours, et un différé d'indemnisation supplémentaire si vous avez perçu une indemnité de rupture supérieure au minimum légal (par exemple lors d'une rupture conventionnelle). Ce différé peut repousser le versement de plusieurs semaines à plusieurs mois selon le montant perçu.
Peut-on toucher l'ARE en cas de démission ?
En principe non : la démission n'ouvre pas droit au chômage, sauf démission dite « légitime » (déménagement pour suivre un conjoint, non-paiement du salaire, etc.) ou après 5 ans d'affiliation dans le cadre d'un projet de reconversion validé par une commission paritaire. Un abandon de poste est, depuis 2023, présumé assimilé à une démission et prive également des droits, sauf exceptions précises.
L'allocation chômage baisse-t-elle avec le temps ?
Elle peut être dégressive pour les anciens salaires les plus élevés, après plusieurs mois d'indemnisation, sous conditions d'âge. Pour la majorité des allocataires, dont l'ancien salaire est plus modeste, le montant reste stable sur toute la période d'indemnisation.
Que se passe-t-il si on retrouve un emploi avant la fin des droits ?
Les droits restants ne sont pas perdus : ils sont conservés et peuvent être réactivés en cas de nouvelle perte d'emploi, dans la limite de leur durée de validité. C'est le principe des « droits rechargeables », qui évite de repartir de zéro à chaque nouvelle période de chômage.
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