Délai de carence arrêt maladie : indemnisation et salaire maintenu
Combien de jours de carence lors d'un arrêt maladie, comment est calculée l'indemnisation de la Sécurité sociale et de l'employeur, et dans quels cas la carence est supprimée. Le point complet.

Sommaire
Vous venez de recevoir un arrêt de travail et vous vous demandez si vous allez être payé dès le premier jour ? La réponse tient en un mot : ça dépend. Entre le délai de carence de la Sécurité sociale et celui, différent, appliqué par votre employeur, il est facile de s'y perdre. Voici comment ça fonctionne concrètement, et dans quels cas ce délai peut sauter.
Le délai de carence de la Sécurité sociale : 3 jours
Lorsque vous êtes en arrêt maladie, la Sécurité sociale ne verse pas d'indemnités journalières (IJ) dès le premier jour. Un délai de carence de 3 jours s'applique systématiquement : les trois premiers jours de l'arrêt ne sont donc pas indemnisés par l'Assurance Maladie, sauf exception.
Concrètement, si votre arrêt commence un lundi, vos indemnités journalières seront calculées à partir du jeudi. Les trois premiers jours (lundi, mardi, mercredi) ne sont pas couverts par la Sécurité sociale.
Ce délai est-il vraiment à votre charge ?
Pas nécessairement. Ce n'est pas parce que la Sécurité sociale ne paie pas ces 3 jours qu'ils sont automatiquement non rémunérés :
- Si votre convention collective prévoit un maintien de salaire dès le premier jour d'arrêt (c'est le cas dans de nombreuses branches), votre employeur peut compenser tout ou partie de la perte.
- Certaines entreprises appliquent une subrogation avec un maintien intégral du salaire habituel, y compris pendant la carence, en fonction des accords en vigueur.
- Sans disposition plus favorable, la loi impose un maintien de salaire par l'employeur uniquement à partir du 8ᵉ jour d'arrêt (voir plus bas), ce qui laisse les 3 premiers jours potentiellement non couverts.
Et le maintien de salaire par l'employeur ?
En complément des indemnités de la Sécurité sociale, la loi prévoit un complément employeur, sous conditions :
| Critère | Règle générale |
|---|---|
| Ancienneté minimale | 1 an dans l'entreprise (sauf convention plus favorable) |
| Délai de carence employeur | 7 jours (souvent supprimé par la convention collective) |
| Niveau de maintien | 90 % du salaire brut pendant une période donnée, puis 66,66 % |
| Durée du maintien | Variable selon l'ancienneté (de quelques semaines à plusieurs mois) |
De nombreuses conventions collectives sont bien plus favorables que le minimum légal, avec un maintien de salaire à 100 % dès le premier jour. Le minimum légal n'est qu'un plancher, pas la norme dans la plupart des entreprises.
Les cas où la carence est supprimée
Certaines situations permettent de ne pas subir le délai de carence de la Sécurité sociale :
- Affection de longue durée (ALD) reconnue : pour un arrêt lié à une pathologie inscrite en ALD, la carence peut être supprimée selon les cas.
- Arrêts successifs pour la même cause, dans un délai rapproché : une rechute peut être rattachée à l'arrêt initial sans nouveau décompte de carence.
- Accident du travail ou maladie professionnelle : ce régime suit des règles d'indemnisation distinctes, généralement plus favorables, sans le même délai de carence.
- Certains arrêts liés à la grossesse (congé pathologique notamment) : des règles spécifiques peuvent s'appliquer.
Comment est calculée l'indemnité journalière ?
Une fois la carence passée, l'indemnité journalière de la Sécurité sociale correspond en général à environ 50 % de votre salaire journalier de base, calculé sur la moyenne de vos derniers salaires bruts, dans la limite d'un plafond révisé chaque année. Ce taux peut être majoré à partir du 31ᵉ jour d'arrêt continu pour les assurés ayant au moins 3 enfants à charge.
Ce qu'il faut retenir pour anticiper
Si vous savez à l'avance que vous allez être en arrêt (hospitalisation programmée, par exemple), quelques réflexes utiles :
- Vérifiez votre convention collective ou votre accord d'entreprise pour connaître le traitement exact des 3 premiers jours.
- Transmettez votre arrêt de travail rapidement (dans les 48 heures) à votre employeur et à votre CPAM, pour éviter tout retard de traitement des indemnités.
- Anticipez un délai de versement : même hors carence, les premières indemnités journalières mettent souvent quelques semaines à arriver.
Pour aller plus loin sur vos droits en matière de travail, consultez aussi nos articles sur le calcul de l'indemnité de rupture conventionnelle et sur la durée de préavis en cas de démission. Si votre arrêt est lié à une pathologie chronique, notre dossier sur vivre avec un diabète de type 2 au quotidien peut aussi vous être utile.
En résumé
Le délai de carence de 3 jours de la Sécurité sociale est une règle générale, mais il ne veut pas dire que ces jours sont forcément non payés : tout dépend de votre convention collective et des accords de votre entreprise. Le bon réflexe reste de vérifier votre situation précise auprès de votre service RH et de votre CPAM, plutôt que de se fier à une règle générale qui ne s'applique pas toujours telle quelle.
Les règles d'indemnisation évoluent régulièrement. Vérifiez les informations à jour sur ameli.fr et service-public.fr, et rapprochez-vous de votre CPAM ou de votre service RH pour votre situation personnelle.
Questions fréquentes
Le délai de carence de 3 jours s'applique-t-il à chaque arrêt ?
Oui, en principe, chaque nouvel arrêt maladie déclenche un nouveau délai de carence de 3 jours côté Sécurité sociale. Exception notable : en cas de rechute ou de prolongation liée à la même affection dans un délai rapproché, la carence n'est en général pas redécomptée. Vérifiez votre situation précise auprès de votre CPAM.
Mon employeur peut-il refuser de maintenir mon salaire pendant la carence ?
Cela dépend de votre ancienneté et de votre convention collective. Sans accord de branche plus favorable, la loi prévoit un maintien de salaire partiel à partir du 8ᵉ jour d'arrêt pour les salariés ayant au moins un an d'ancienneté, avec un délai de carence spécifique de 7 jours côté employeur. De nombreuses conventions collectives suppriment ce délai : consultez la vôtre ou votre service RH.
Existe-t-il des cas sans délai de carence du tout ?
Oui. La carence de la Sécurité sociale est supprimée notamment en cas d'affection de longue durée (ALD) reconnue, dans certaines situations de maladie professionnelle ou d'accident du travail, ainsi que pour certains arrêts liés à la grossesse. Les règles précises dépendent de votre situation : renseignez-vous auprès de l'Assurance Maladie.
Comment est calculée l'indemnité journalière de la Sécurité sociale ?
Elle correspond en général à environ 50 % de votre salaire journalier de base, calculé sur vos derniers salaires bruts, dans la limite d'un plafond fixé chaque année. Le montant exact dépend de votre situation et peut être majoré à partir du 31ᵉ jour d'arrêt si vous avez au moins 3 enfants à charge. Le simulateur officiel d'ameli.fr donne une estimation personnalisée.
Les intérimaires et indépendants ont-ils droit aux mêmes indemnités ?
Les règles diffèrent. Les intérimaires relèvent du régime général sous conditions d'affiliation spécifiques, tandis que les travailleurs indépendants et micro-entrepreneurs sont indemnisés selon des règles et des délais de carence propres à leur régime (généralement plus longs). Vérifiez votre situation auprès de votre caisse (CPAM ou Sécurité sociale des indépendants).
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